Quentin fut aussi étonné que son amie.
"Bonjour" dit la femme, jetant un regard à Quentin, qui la regardait les yeux écarquillés.
"Bonjour" répondit Tam. "Que désirez-vous?"
"Un café bien fort, s'il vous plaît".
Sylia, qui était aussi très intriguée lui servit son café.
"Vous n'êtes pas du quartier, non? On en vous a jamais vue par ici..."
"Non, je viens d'un village. Je ne suis pas habituée à aller dans des cafés et tout ce genre de chose. Et on m'a dit que si j'y allais, il suffirait que je demande un café bien fort. Je n'y ai jamais goûté".
Sur ces paroles, elle avala une gorgée du brevage chaud.
"C'est vraiment bon. Ils ne s'étaient pas trompés, avec leur conseil".
Tam et Sylia sourirent.
Soudain, la femme se tourna vers Quentin:
"Ne se serait-on pas déjà vus?"
"Je ne sais pas", répondit l'autre.
"Je suis sûre qu'on s'est déjà vus!"
Quentin ne su que répondre.
"Bon ,je dois y aller. Au revoir!"
Ses amies le saluèrent, y compris la jeune cliente.
Quentin était pâle lorsqu'il entra dans le comissiariat. Ses collègues lui posèrent de nombreuses questions sur sa santé. Lorsque le chef le vit:
"Vous n'êtes tout de même pas résté toute la nuit au musée?!"
"Bien sûr que non, chef"
"Alors qu'est-ce que c'est que ce visage livide?"
"Oh, ce n'est rien..."
"Vous avez trouvé quelque chose d'intéressant?"
"euh...à vrai dire..non"
"Comment? Mais alors, qu'avez-vous fait dans ce satané musée? De la peinture? J'ai pas besoin de vous aujourd'hui, rentrez chez vous si c'est pour glander!"
L'inspecteur sortit directement du commissariat. Il observa le café "Cat's Eye". La cliente se préparait à sortir.
"Je vais la filer" se dit-il" je sais que c'est elle."
Il se cacha derrière un muret et attendit discrétement la sortir de la jeune femme. Il n'eut pas le temps de s'impatienter, elle sortit rapidement. Il attendit qu'elle prenne un peu ses devants, puis la suivit.
Elle s'arrêta d'abord dans une boutique de vêtements, mais ceci ne l'interressa visiblement pas. Puis, elle se rendit à une lingerie, là non plus, elle ne trouva pas osn bonheur.
Finalement, elle entra dans un parc. Les roses dégageaient un parfum délicat qui ennvirerait le plus renfrogné des hommes.
Elle s'assit sur un banc, sous un saule pleureur.
Quentin l'observait toujours, caché dans des buissons.
"Bon, il faut en avoir le coeur net, ça ne sert à rien de la suivre comme ça. Il faut que je lui parle. Oui, c'est ça. et si c'est elle......."
Il se redressa et rejoignit la jeune femme sur le banc.
"Rebonjour, fit-il."
"Bonjour! Quelle bonne surprise! C'est un hasard exceptionnel!" s'écria-t-elle.
"euh...oui..."
"Je voulais vous le dire ce matin, mais vous êtes parti trop vite. Vous ressemblez beaucoup à mon frère, que j'ai perdu de vue, quand j'avais onze ans. Vous êtes exactement comme je l'imaginais à votre âge!"
"Je...je..."
Son coeur brûlait. Il y avait une chance qu'il s'agisse d'elle.
"C'est amusant..." répondit-il alors.
Puis ils se turent. Ils restèrent quelques minutes à se contempler en silence.
"Sofia....." finit par dire douvement le jeune inspecteur.
"Comment? Vous connaissez mon prénom...Alors vous êtes...mon frère...."
"Oui, c'est moi! C'est Quentin!"
Ils se turent à nouveau.
"Je n'espérais même pas te revoir" répondit Sofia. Ca fait tellement longtemps. Qui aurait cru qu'on puisse se reconnaître..."
"C'est à cause de ces rêves...notre passé qui me revient sans cesse. j'avoue que sans cela , je ne t'aurais pas reconnue."répondit Quentin.
"Toi aussi?alors....tu sais ce qui s'est passé ce jour-là?"
"non! J'espérais avoir la réponse de ta part...."
Ce fut de nouveau le silence. on entendait le vent souffler dans les feuilles.
"Il faut qu'on rattrappe le temps perdu alors. On en se connait plus en fin de compte, après ces dix longues années."
"oui..."
Quentin lui raconta alors son adoption, lui compta les mérites de sa famille, et son emploi d'inspecteur, les nombreux criminels qu'ils avaient arrêtés, et lui parla de Cat's Eye.
"Alors tu es devenue flic? Je n'aurais jamais imaginé un truc pareil!"
"Bon, cessons de parler de moi. Qu'as-tu à me dire?"
"Je m'appelle Sofia Cramberry. Ce nom de famille, je l'ai de la vieille dame qui m'a adopté. Je vis dans un petit village au sud du Japon, je ne t'en dis pas le nom, ça ne te dirait rien. J'ai grandi dans la joie et le bonheur. Ma mère, enfin la vieille dame est morte il n'y a pas très longtemps. Je travaillais avec elle dans notre entreprise familiale. On tissait et cousait des tapis, des vêtements, des draps, des nappes.... Je sais très bien coudre tu sais? Bref, ce fut toujours la joie dans ma vie. Je suis heureuse d'apprendre qu'il en fut de même de ton enfance."
"Je suis heureux pour toi. Mais que s'est-il passé pour que tu viennes ici, dans cette grande ville?"
"J'ai vu des affiches de l'exposition, avec le portrait de notre mère....Je suis venue le voir en vrai. C'est aussi à cause de ces rêves. C'est étrange, quand j'y pense, on dirait que quelque chose nous pousse tous dans cet endroit à larecherche de notre passé."
"Oui... Et que comptais-tu faire? Seulement le regarder...il va s'en aller pour l'Europe à la fin de l'expo, et Cat's veut mettre la main dessus."
"Quoi? On ne les laissera pas faire. Toi qui es flic, tu ne peux pas laisser faire ces voleuses!"
"Je sais bien, mais le musée des Arts Modernes est un navet en matière de sécurité, et c'est pas sur ce coup qu'on aura Cat's..."
"Bah alors, on a qu'à..."
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Il n'y avait pas de clients au café.
Tam souffla sur la fenêtre, la recouvrant de buée, qu'elle essuya de son doigt.
"Qu'est-ce que tu fais?" demanda Sylia. "Tu n'as rien de plus sérieux à faire?"
"Je pensais à cette cliente qui vient de partir. Elle ressemblait réellement au portrait, mais en plus jeune!"
"Je ne crois pas, c'est peut-être simplement parce que nous avons vu ce tableau que nous l'avons assimilée à lui..."
"Mais puique je te dis qu'elle pourrait peut-être nous mener sur la voie de notre père! Tu l'as bien vu...Et sa façon de parler...d'être venue dans ce café. Je suis sûre que ce n'est pas un hasard!"
"Dis plutôt que c'est la façon dont Quentin la regardait qui te gène..."
"Mais, non! Arrête de dire n'importe quoi! J'ai confiance en Quentin!"
"Tu en es absolument sûre?"
"Oui..."
Elle s'assit. Les deux jeunes femmes discutèrent ainsi quelques temps, puis des clients arrivèrent à l'heure du repas. Elles durent donc s'affairer à les servir et à préparer divers cafés. Ceci permit à Tam de se changer les idées.
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Quentin discutait toujours avec Sofia.
"Oui, nous le volerons"; dit-il, déterminé.
"J'ai toujours rêvé de voir un flic dire un truc pareil" ricana-t-elle.
"Oh, c'est bon. Je ne peux pas supporter d'être séparé de ce tableau, que ce soit pas Cat's ou par la fin de l'expo... C'est quand même le portrait de notre mère! Et ce titre: "A mes enfants". Ca ne t'intrigue pas ? Elle nous destine ce tableau. Peut-être que quelque chose y est caché qui nous mettrait sur la voie de ses assassins, non? Et surtout sur la voie de notre passé!"
Sofia soupira. Elle se recoiffa d'une main.
"Je sais bien. Je rigole. Comment va-t-on faire pour le récupérer?"
"J'ai mon idée à ce sujet. Mais nous devrions en parler autrepart, ici quelqu'un peut nous entendre. EN plus, nous ne sommes pas loins du commissariat où je travaille. Je n'aimerais vraiment pas qu'un de mes collègues me surprennent à concocter le plan d'un vol dans un musée.."
Il rit. Sa soeur lui sourit.
"Où habites-tu ici?" demanda-t-il finalement, un sourire charmeur au coin des lèvres.
" Je suis descendue dans un hôtel pas très loin d'ici.... Mais je compte vite trouver un appartement, maintenant que je te sais ici, avec moi."
"Ah je vais t'y raccompagner. Là-bas, on sera plus discrets, c'est certain."
"Oui" fit Sofia.
"En fait" ajouta Quentin "tu es entrée dans le café Cat's Eye par hasard où tu savais quelque chose?"
"Non, bien sur que non. Sinon pourquoi aurait-on eu toute cette discution? J'ai juste eu un pressentiment.Quelque chose m'a poussée à entrer...et quand je t'ai vu, j'ai cru comprendre...."
"Je vois. Bon allons-y!"
Ils se relevèrent et commencèrent à prendre le chemin de l'hôtel où était descendue la jeune fille. Il faisait frais, mais rien de bien gênant car ils étaient habillés assez chaudement. Il n' y avait pas beaucoup de vent, mais juste assez pour faire voleter les feuilles.
Ils étaient sur un petit sentier deserté du parc, quand, soudain, brusquement, un coup de feu retentit.
Quentin eut tout juste le temps de poussser sa soeur dans les talus bordant la route.
Un deuxième tir, celui-ci était adressé au jeune homme. Il eut là encore tout juste le temps d'esquiver.
Il rejoignit sa soeur, cachée dans les buissons.
"Qu'est-ce qu'est?"
"Je n'en sais rien, mais on ne devrait pas s'éterniser ici, si tu veux mon avis!" s'écria-t-elle.
Quentin l'attrapa par la main et ils coururent à en perdre haleine. Ils finirent par se fondre dansla foule d'un grand boulevard.
"Il n'osera pas tirer sur tout ce monde" dit alors l'inspecteur, exténué, tentant de reprendre au mieux sa respiration.
Quand ce fut fait, les deux jeunes gens se regardèrent, interloqués.
"Je...J'aurais du t'en parler tout de suite... J'aurais surtout du m'en douter!" dit Sofia
"Quoi?"
"Quand je venais ici, j'ai été victime de plusieurs accidents étranges. Tout d'abord, une voiture qui a failli me renverser, puis, une énorme branche d'arbre tombant devant moi. Et ce n'est pas tout, j'ai été suivie pendant quelques temps par un homme étrange, mais il a abandonné rapidement."
Quentin resta bouche-bée.
"Comment? "
Il se gratta la tête.
"Tu penses que c'est en lien avec l'assassinat de nos parents?"
"Peut-être...Mais personne ne savait mon vrai nom! Personne ne savait que je venais ici pour voir ce tableau!"
"C'est bien êtrange tout ça. Je pense qu'on est pris au piège. On ne sais pas qui c'est, mais eux savent très bien qui tu es...et mainteant qui je suis...."
Ils se dépêchèrent d'aller à l'hôtel. La chambre était assez grande, il y'avait deux fauteuils installés à côté du lit et face à la télévision. Les jeunes gens s'assirent.
"Bon, ne nous laissons pas abattre. Nous allons récupérer ce tableau quand même..."
Sofia acquiesça d'un signe de tête.
"Les Cat's agissent samedi à onze heures. Nous pourrions donc en profiter. J'annoncerai la venue des Cat's dix minutes plus tôt, et dans la panique que je créerai, je décrocherai le tableau du mur et je courerai soi-disant à la poursuite de Cat's Eye. Là, tu seras en train de m'attendre en bas, dans la voiture, je te rejoindrai et te donnerai le tableau."
"Où devrais-je l'emporter? "
"Nulle part. Tu le cacheras sous la banquette arrière du véhicule. Enusite, les vrais Cat's se présenteront, mais il n'y aura plus de tableau....."
Il sourit en pensant à une telle défaite de Cat's.
"Personne ne se doutera que ce ne sont pas elles les voleuses! Tu devras faire attention. Tu repartiras à ton hôtel et tu m'y attendras....On pourra enfin savoir ce que cache ce tableau. Je suis sûre qu'il cache quelque chose..."
"C'est une bonne idée tout ça. Et que fait-on pour les malfaiteurs qui ont aujourd'hui même essayé de nous tuer? Tu les oublies?"
"Bien sûr que non, mais nous ne pouvons rien faire pour le moment. Il faudra mener notre propre enquête à ce sujet... En attendant, fais très attention, fais-toi discrète, change d'hôtel, ne téléphone que de cabines publiques. Mêle toi aux grandes foules. S'il y a un problème, téléphones à mon bureau. Je te laisse le numéro."
Il prit un stylo et écrivit le numéro de téléphone du commissariat sur une feuille.
"Tu as compris?"
"Je..."
"Alors?"
"Je ne pourrais pas plutôt venir habiter chez toi? Ca me fait peur cette histoire..."
Quentin réfléchit un instant.
"D'accord, prends tes affaires, on y va tout de suite, mais on va sortir par la porte de secours de l'hôtel au cas où notre tireur nous aurait suivis!"
Sofia s'enquit de préparer sa valise, elle eut fini en quelques instants.
"Et encore une chose" ajouta Quentin" fais-toi réellement discrète, sinon Tam, ma fiancée, pourrait se faire des idées. Je n'ai pas envie de lui parler de toi pour le moment...je ne veux pas qu'elle ait vent d'un passé que je ne connais même pas moi-même. Et la mettre au courant lui ferait prendre des risques...le tueur pourrait se servir de mon amour pour elle...."
"Oui, ne t'inquiètes pas, je comprends!"
Ils sortirent comme prêvu par la porte de secours. Personne ne semblait embusqué quelque part.
Quentin l'accompagna jusqu'à chez lui.
Il lui fit visiter les lieux.
"Il n'y a que trois pièces. Ma chambre, le salon et ce qui sera à présent ta chambre. La salle de bain est ici, et la cuisine là." dit-il en indiquant des portes.
"Je te laisse regarder, et désolé pour le désordre, je n'ai pas vraiment le temps de ranger."
"Ce n'est pas grave, je rangerai pour toi."
Elle sourit.
Soudain, le bip de Quentin sonna dans sa poche.
"Oh, c'est le chef. Je dois me rendre au commissariat. Je te laisse les clefs sur la table basse. Ciao!"
Il sortit rapidement.
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Tam s'intriga en voyant Quentin entrer dans le commissariat.
"Où etait-il pendant tout ce temps?" s'indigna-t-elle.
Sylia rejoignit sa soeur qui essuyait des verres.
"Tu lui fais vraiment confiance à ton amoureux?"
"Bien sûr."
"Alors pourquoi tu te poses cette question?"
"Je ne sais pas, je suis peut-être jaouse"
Elles rirent de bon coeur.
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"Que se passe-t-il? demanda Quentin en arrivant au travail.
" Mademoiselle Assaya a pris Martin Dupont, le receleur de drogue en flagrant délit. Elle a pu prendre quelques photos. Nous avons un mandat d'arrêt, mais il faut agir vite, celui-ci se doute que la police l'a surpris!"
"Mais pourquoi m'appelez-vous moi?"
"Mais vous êtes débile ou quoi?! Rassemblez-moi le plus d'hommes possible et rendez-vous à la demeure de cet abominable Dupont!"
"J'y vais de ce pas, chef!"
Quentin rassembla une trentaine d'hommes qui montèrent en voiture sans attendre d'avantage d'ordres. Il conduisit la sienne et le cortège arriva rapidement à destination. Assaya les y attendait.
"Vite, ces salopards vont filer sinon!" s'exclama Quentin.
"Oui, allons-y!" répondit Assaya. "Nous les tenons!"
Les policiers entrèrent en trombe dans la demeure de l'effroyable receleur. Celle-ci était richement décorée, de nombreuses oeuvres d'art étaient fixées aux murs.
"Il vit bien ce salaud!"
Ils continuèrent et atteignirent la cour intérieure où les hommes de main de Dupont chargeaient des sachets entiers de drogue dans des camions.
"Police! Vous êtes en état d'arrestation!" s'écria Assaya, pointant son arme sur Monsieur Dupont.
Ce dernier ricana. Il regarda l'inspectrice d'un air malfaisant.
"Allez, vous autres, tirez! Tuez-les tous!"
Les hommes de main obéïrent. Les policiers furent mitraillés. Certains n'eurent pas le temps de se réfugier dans le bâtiment.
"Oh, le salaupard" cracha Quentin.
Assaya se jeta hors de sa cachette et tenta de tirer sur le brigand, mais elle ne fut pas assez rapide. Une balle vint se loger dans son épaule et elle fut donc contrainte de lâcher son arme.
Les malfrats s'apprêtaient à s'enfuir, aux commandes de leurs camions chargés de drogues diverses et variées.
Martin Dupont observa Assaya tenant son épaule, crispée par la douleur.
"Adieu, inspecteur" fit-il.
Il allait tirer quand Quentin sortit de sa cachette. Le jeune homme s'empara du revolver de sa collègue, dans la précipitation et tira. Il n'avait pas eu le temps de viser. La balle atteignit le malfaiteur en pleine tête. Celui-ci s'effondra sur le sol. Le sang coula sur l'herbe.
Le commissaire Bruno arriva soudain avec des renforts, Assaya l'avait bippé discrétement. Les brigands furent arrêtés.
"C'est horrible" commenta Bruno. "Tous ces morts..."
Trois policiers avaient perdus la vie lors de l'affrontement.
Quentin observa le cadavre de Martin Dupont. Soudain, ces affreuses images envahirent son esprit .....
Il tenait une arme dans la main...il visait ses parents....
"Ce n'est pas vrai...."
Il s'agenouilla et regarda fixement son revolver.
"J'ai pas pu faire ça. Je mélange tout...."
Une ambulance vint chercher les blessés, notamment mademoiselle Assaya.
Le commissaire posa une main sur l'épaule de Quentin.
"Tu as fait ça pour sauver ta collègue, c'était de la légitime défense. Tous les policiers ont tiré lors de cette fusillade. Tu n'es pas responsable. Cet homme ne méritait pas la clémence de la police, il était prêt à tuer pour le fric..."
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Tam répondit au téléphone:
"Comment? une fusillade?"
Ses soeurs, assises à ses côtés, s'intéressèrent alors à la conversation.
"Quentin n'est pas blessé au moins?"
"Non, il est juste un peu sonné. Mais mademoiselle Assaya est blessé à l'épaule."
"Comment ça sonné? Il a reçu une balle lui aussi?"
"Non, il n'arrive pas accepter qu'il ait tuer un homme" conclut le commissaire Bruno. "Il est à l'hôpital, dans la salle d'attente, on espère tous que la blessure d'Odile n'est pas grave."
"Nous arrivons tout de suite!" conclut Tam avant de raccrocher.
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En quelques minutes, les soeurs Chamade étaient arrivés à l'hôpital.
"Quentin, ça va?" demanda Tam.
"Oui", répondit simplement celui-ci.
IL ne la regardait même pas.
"Et mademoiselle Assaya?"
"Ca devrait aller".
Un médecin vint les rejoindre dans la salle d'attente. Il souriait, ce qui détentit d'hors et déjà la compagnie.
"Alors?" s'enquit Bruno, se levant brusquemment. "Comment va-t-elle?"
"Tout va bien. Elle doit se reposer un peu. Par contre, elle ne pourra plus se servir de son bras droit pendant une dixaine de semaine. "
"Dieu soit loué" soupira Bruno.
"C'est une bonne nouvelle" ajouta Quentin, un pâle sourire au coin des lèvres.
Les soeurs Chamade sourirent.
"Mais que s'est-il passé?" demanda Sylia, curieuse.
Le commissaire Bruno lui raconta tout, dans les moindres détails.
"Merci d'être venues les filles" dit soudainement Quentin. "Je vais rentrer chez moi...."
Il sortit sans se retourner. Tam le suivit, mais il courut et la sema dans les couloirs.
"Quentin..." fit-elle entre les dents. "Qu'est-ce qu'il t'arrive?"
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Le jeune inspecteur revint chez lui, fatigué. Il raconta à Sofia ce qui s'était produit.
"Je suis désolée. Je ne sais pas quoi répondre.... mis à part que tu as eu raison de le tuer. C'était lui ou tes collègues, et même peut-être toi..."
"Je sais" répondit-il. "Mais, ce n'est pas vraiment ça...je..."
"Quoi?"
Le jeune homme voulait lui raconter cette bribe du passé lui étant revenue alors qu'il observait les dégâts, mais se retint.
"Je vais me coucher, Bonne nuit! N'oublies pas que nous devrons voler le tableau dans trois jours!"
"Bonne nuit."
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"Je pense que je devrais aller le voir" dit Tam. "Quelque chose cloche...."
"Mais tu as vu l'heure qu'il est?" s'interloqua Alex.
"Ca m'étonnerait qu'il dorme déjà. Je crois qu'il a besoin de parler...."
"S'il en a réellement besoin, il viendra te voir!" répondit Sylia. "Si tu te rends chez lui maintenant, ça risque de corser les choses" fit Sylia, calmement.
"Tu as peut-être raison...." répondit Tam.
"La nuit porte conseil les filles! Je suis sûre que demain tout ira bien pour lui!" s'exclama Alex. "Allons dormir, j'ai cours demain!"
Elles suivirent ce bon conseil.
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Sofia rejoignit Quentin dans sa chambre:
" Tu ne dors toujours pas?"
"Non"
"J'en étais sûre"
La jeune fille s'assit aux côtés de son frère qui s'était redressé sur son lit.
"Je pensais à ce qu'il s'était produit ce jour-là."
"Ce jour-là?"
"Tu sais, le jour où tout a basculé. Ce dont on arrive pas à se souvenir....."
"Moi aussi...Je ne peux pas m'empêcher de faire le lien avec la fusillade d'aujourd'hui...."
"Quoi?"
"J'ai eu comme une vision quand j'ai tué cet homme...."
"....."
"J'ai vu pendant un instant notre mère et notre père.....Je tenais une arme...."
"Comment? Mais c'est pas possible, je ne pense pas que ce soit une bribe du passé...C'est juste ton imagination...tu as des remords pour cet homme, même si c'était un malfaiteur, tu ne peux pas t'empêcher de penser que tu as éteint une vie...."
"Peut-être....., mais si c'état moi?"
"Toi quoi?"
"SI j'avais tué nos parents et que je ne m'en souvenais pas...?"
"Peu importe ce qu'on découvrira sur notre passé. Tu es mon frère. On s'est retrouvé, c'est ce qui compte le plus.... Après toutes ces années, je suis si heureuse de revoir!"
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